Multitude et solitude Imprimer Envoyer
Dimanche, 05 Février 2012 00:00

desertMarc 1, 29-39

Dans l’évangile selon saint Marc, à chaque page ou presque, Jésus a rendez-vous avec la foule. À tel point qu’elle apparaît comme un personnage du récit, incontournable.

Jésus enseigne les foules rassemblées au bord du lac, il a pitié des foules qui sont comme des brebis sans berger, il accueille des foules de malades et de possédés, il multiplie le pain pour la foule affamée. Il est tellement assailli par la foule qu’il doit sauvegarder un peu d’espace en montant dans une barque. Il est tellement « mangé » qu’il n’a plus le temps de manger (1).

Pour Jésus cette foule n’est pas une masse anonyme. Du milieu de la foule il appelle les Douze, il identifie la femme atteinte de pertes de sang, il accueille l’aveugle Bartimée, il remarque l’offrande de la pauvre veuve (2). Son amour n’est pas une sympathie générale, c’est une charité universelle – ce n’est pas la même chose ! Se donner à chacun et à tous dans un don total à Dieu : cet appel que les prêtres et les membres laïcs des Foyers de Charité ont reçu de Marthe Robin est une belle traduction du mystère même du Cœur de Jésus.

Mais pour être tout à tous il faut être seul avec l’Unique. Le Christ livré aux foules est aussi le Christ des longues solitudes. Il « disparaît » régulièrement : Tout le monde te cherche ! Le bienheureux Charles de Jésus l’a bien compris – et vécu : On ne donne que ce qu'on a et c'est dans la solitude, seul avec Dieu seul, que Dieu se donne... Ne craignez pas d'être infidèles à vos devoirs envers les créatures ; c'est au contraire le seul moyen pour vous de les servir efficacement (3). À la suite du Maître, l’Église ne craint pas de se mêler à la foule et de s’enfoncer au cœur des masses. Elle ne craint pas non plus de s’enfoncer dans le silence de l’adoration. C’est sa double vocation. C’est aussi la tienne !

 

(1) Marc 3,9-10, 20-21.

(2) 3,13-14 ; 5,30 ; 10,46-52 ; 12,41-44.

(3) Charles de Foucauld, lettre au père Jérôme.