Je m’efface de Facebook Imprimer Envoyer
Écrit par le p. Alain Bandelier   
Mercredi, 01 Juin 2011 00:00
facebookOui, oui, Facebook m’a permis de retrouver des amis perdus de vue, des jeunes dont je fus l’aumônier et même des membres de ma famille ! Et dans ce vaste bazar, j’ai trouvé quelques perles.

Mais trop c’est trop. Je reprends mes billes. Pas tout de suite. Que j’aie le temps d’écrire un dernier message. Et que vous ayez le temps de le lire. N’est-ce pas cela le ressort secret de ce machin ? Le plaisir de laisser des traces. La sensation (virtuelle) d’exister.

Je vais donc vous fausser compagnie. Pourquoi ? Parce que les amis de mes amis ne sont pas mes amis. Ils me pompent l’air. Je ne les connais ni des lèvres ni des dents, ils ne font même pas l’effort de se présenter ou de me dire bonjour, ils espèrent que je vais cliquer machinalement sur « ajouter » pour me laisser prendre en otage. Leur grand souci est de faire du chiffre. Eh bien je me soustrais de cette addition/addiction.

Et aussi parce que la rumeur du « mur » me fait fuir. D’accord, on y trouve quelques bonnes adresses, quelques causes qui méritent attention, quelques bons gags. Mais les gamineries, le papotage, la frime me lassent. Ces conversations sans fin, ces confidences sans frein, ce vacarme silencieux et cette foule solitaire ont néanmoins un mérite : je goûte plus que jamais la saveur d’une bière fraîche partagée avec des gens que j’aime ; et la grâce de demeurer un long moment en silence, dans notre chapelle, où le Seigneur est réellement présent.

Et encore parce que la colonne de droite, la « pub », me sort par les yeux. Vous me direz que je ne suis pas obligé de la regarder. Certes, mais je la vois. Et je n’ai pas envie de rouler pour « ça » : trop nul !

Autre chose me fait fuir : les cathos ! Leur zèle me fatigue. Au lieu de créer des pages ou des groupes, ce qui serait conforme à la règle du jeu, ils multiplient les identités institutionnelles et anonymes. Vous pouvez être ami de Jeanne d’Arc ou de Philothée de Sales. On vous indique le sexe de Jésus Miséricorde : homme – heureux de le savoir, mais miséricorde est féminin, non ? Litanie de noms sans nom : Tendresse Theresia, Médaille miraculeuse, Sanctuaire de ceci, Maison de cela, Rosario per los sacerdotes,  Chrétiens Bible et Israël. « Vous avez un message de France » (nom de famille : Vocations). Thérèse de l’Enfant Jésus habite à Tarbes et elle est catholique romaine. Et pourquoi ce besoin malsain de se compter : « Combien de catholiques sur Facebook ? » – d’ailleurs le chiffre est faux, car je ne me suis pas inscrit !

Internet est un outil merveilleux et nous avons raison de nous y intéresser et de nous y impliquer. Chacun selon son élan et son talent. Mais cela consomme du temps et des ressources intérieures. Finalement j’ai opté pour les économies d’énergie…