Toi qui cherches le bonheur Imprimer Envoyer
Écrit par inconnu   

visageCher ami,

Il vaut mieux, parfois, écrire que parler. Cela permet de réfléchir sans s’énerver... Tu me dis que tu n’es pas heureux...

Crois-tu que je ne le sache pas ? Hélas, je ne le sais que trop ! Le problème est que je pense savoir pourquoi... sans y pouvoir grand’chose ; et que toi, tu ne veux pas chercher à savoir pourquoi...

Peu de gens savent être heureux, parce qu’ils ne cherchent pas le bonheur là où il est, ou se trompe (le plus souvent) sur ce qu’est le véritable bonheur. Et comme ils ne savent pas ce qu’ils cherchent... il prennent ce qu’ils trouvent : des illusions de bonheur ! Ils se contentent de “petits bonheurs”, éphémères, passagers, limités, qui ne peuvent pas combler leur coeur. Ce n’est en fait qu’un bon moment où l’on a chercher à s’étourdir...

Alors que le bonheur est quelque chose d’infini car notre coeur est fait pour cela. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’est jamais satisfait par quelque chose de limité. Et même qu’il ne peut se contenter  d’un simple bonheur humain - et donc limité, dans le temps et dans sa qualité - et qu’ aucun être humain ne peut combler notre coeur car il n’a soif que de quelque chose d’Absolu, Infini, Éternel.

C’est ainsi, tu n’y peux rien... Tu es fait comme tous les êtres humains : créé à l’image de Dieu, tu es fait pour Dieu. Que tu puisses le refuser n’y change rien.

L’Enfer n’est pas autre chose que cette soif  de bonheur en Dieu en même temps que son refus...

Quand je te dis que le bonheur n’est pas ce qu’on le croit, je veux dire aussi qu’il est au-delà de ce que l’on appelle “bonheur” la plupart du temps. C’est-à-dire que l’on peut, dans la vie, avoir des peines, des chagrins, des épreuves, mais que cela n’altère pas forcément ce “fond de bonheur” qui peut demeurer dans notre coeur.

Un jour, quand j’avais ton âge, j’avais donné cet image à un ami qui m’interrogeais justement sur la question : le bonheur, c’est un peu comme la toile de fond d’un décor de théâtre. Les différents évènement de notre vie se déroulent devant, plus ou moins près du décor (c’est-à-dire plus qu’ils nous affectent plus ou moins profondément) mais ils ne changent rien à ce décor...

Ce bonheur-là n’est pas à gagner à la force du poignet. Il est à recevoir d’un Autre. A condition d’accepter ce qu’Il veut nous donner, à sa façon à Lui, et non pas selon nos conditions à nous.

Et la seule façon de l’accueillir c’est d’ouvrir son coeur...

C’est donc bien là ton problème.

Ouvrir son coeur veut dire le contraire de se replier sur soi et de se complaire dans ses problèmes ou sa souffrance. C’est accepter de ne  plus nous regarder nous, mais de Le regarder Lui, et accepter de dépendre de Lui. C’est devenir pauvre, vulnérable, humble en face de Celui qui nous aime jusqu’à mourir pour nous. Comment recevoir quoi que ce soit quand notre coeur reste obstinément fermé ? Ouvrir son coeur, c’est accepter peut-être qu’il soit déchiré, y faire une brèche comme une blessure... C’est ainsi qu’Il s’est laissé transpercer le coeur pour nous. Car en ce monde, l’amour est toujours lié à la souffrance. Mais elle n’empêche pas le bonheur profond que seul l’Amour de Dieu nous apporte.

Il n’y a pas de plus grand bonheur que de se savoir aimé infiniment, malgré toutes nos misères, toutes nos faiblesses, toutes nos infidélités... La seule clef du bonheur est là ! Et le principal obstacle à cette ouverture sont  l’orgueil et l’égoïsme. Mais nous devons sans cesse combattre pour sortir de nous-mêmes et penser d‘abord au Seigneur et à ceux qui nous entourent.

Ne crois pas que je te parle dans l’abstrait. Ce combat est aussi le mien, au quotidien, comme celui de tous ceux qui, assoiffés du véritable bonheur, en ont découvert l’Unique Source et veulent s’en abreuver. Oui, le bonheur est une conquête, mais pas celle que l’on pense : il se reçoit d’abord avant de pouvoir être partagé. Mais il faut être en état de le recevoir. C’est-à-dire qu’il faut un coeur ouvert et vide de nous-mêmes  pour pouvoir être rempli. S’il est déjà plein de nous et encombré de toutes sortes de choses, personne ne peut rien y mettre d’autre... Et le Seigneur est patient avec nous : il attend seulement que nous Lui fassions une petite place... Si petite soit-elle, Il s’y engouffrera si nous le désirons. A partir de ce moment-là, on peut Lui demander de nous aider à faire une place de plus en plus grande à Son Amour.

C’est là tout le drame et aussi toute la grandeur de notre liberté humaine. Cela, tu le sais. Nous sommes libre de nous laisser aimer par Lui ou non, Nous sommes libres de répondre à Son Amour ou non... Et notre bonheur dépend de cette réponse. Car Son Amour dépasse toutes nos espérances.

On ne peut donner que ce que l’on possède. Tu ne peux donner d’amour que si tu le reçois d’un Autre. Encore faut-il l’accepter.  Si un torrent se coupe de sa source, il s’assèche vite... Ne t’y trompe pas : tu ne peux être heureux en te coupant de Lui. Non seulement tu refuses de recevoir, mais tu ne pourras pas donner non plus. Celui qui demeure seul ne peut être heureux... Et si tu veux pouvoir donner un jour - ce que je te souhaite, donner de l’amour à une épouse, à une famille - tu n’en seras capable que si tu acceptes de le recevoir de ton Seigneur et ton Dieu.

Tu sais comme moi qu’il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet... Je serai toujours là - tu le sais bien aussi - pour en parler avec toi.